Se rendre au contenu

 LE BORNAGE

Géomètre-expert réalisant un relevé de terrain pour un bornage, avec station totale au premier plan

QUESTIONS REPONSES

LEXIQUE


LE BORNAGE UTILE, NECESSAIRE OU INDISPENSABLE ? 


LE BORNAGE

DANS LA LOI

article 646 du Code civil


LES EFFETS

 DU BORNAGE


LE BORNAGE : UTILE, NÉCESSAIRE OU INDISPENSABLE ?

Vous achetez ou vendez un bien ? Vous possédez un terrain ? Contrairement à un produit de consommation courante, une propriété peut ne pas être “garantie” dans sa consistance : ses limites, sa superficie, et même parfois son adéquation au projet que vous envisagez. En pratique, les actes prévoient fréquemment une clause de non-garantie : cela peut fragiliser l’acquéreur… et parfois se retourner contre le vendeur en cas de contentieux.

Un terrain peut paraître simple “à l’œil”, et pourtant devenir source de difficultés majeures avec les voisins, uniquement parce que ses limites n’ont pas été définies clairement au préalable par un bornage et/ou une reconnaissance de limites.

L’objectif de ce guide est de vous aider à éviter les idées reçues, à comprendre vos droits et vos obligations, et à adopter les bons réflexes. Chez ALTA VISION, nous vous accompagnons avec une approche technique et juridique, dans le respect du contradictoire, pour sécuriser votre propriété.

LE DROIT DE PROPRIÉTÉ


Le droit de propriété est un droit fondamental en droit français. Les tribunaux en protègent le caractère inviolable avec une grande rigueur : une atteinte à la propriété d’autrui (par exemple un empiétement, même faible) peut conduire à des conséquences très lourdes pour l’auteur de l’empiétement. 

Concrètement, plus votre limite est incertaine, plus le risque augmente (litige, blocage de vente, remise en état, travaux à reprendre). D’où l’intérêt d’anticiper, plutôt que de “régulariser” après.

LE TITRE DE PROPRIÉTÉ


Votre titre permet d’identifier les parties, de justifier votre droit de propriété, et mentionne les droits attachés au bien (notamment certaines servitudes). En revanche, la seule référence à l’identifiant cadastral ne suffit pas à garantir la consistance du bien : ni ses limites, ni sa superficie. 

Selon les dossiers, la description peut être ancienne, incomplète, ou difficile à raccorder à la réalité du terrain. C’est précisément dans ces cas que le bornage (et/ou la reconnaissance de limites) sécurise la situation.


LE GEOMETRE-EXPERT


Le Géomètre-Expert est le professionnel habilité à intervenir pour sécuriser les limites de propriété, avec une méthode fondée sur l’analyse, la preuve, la mesure et la formalisation. Il met en œuvre les moyens nécessaires au bon déroulement de la procédure, notamment son caractère contradictoire.

Chez ALTA VISION, nous agissons avec indépendance et impartialité vis-à-vis des parties concernées : nous analysons, conseillons et proposons une solution juridiquement cohérente et techniquement mesurable..


LE CADASTRE


Contrairement à une idée très répandue, le plan cadastral n’a pas pour vocation de “garantir” juridiquement les limites et les superficies des propriétés. Il s’agit d’un outil administratif et fiscal, utile pour repérer et identifier les parcelles, mais dont les mesures et tracés ne constituent pas, en eux-mêmes, une preuve opposable de limite de propriété.

En pratique : le cadastre est un indice, pas une garantie.


Réunion sur site : propriétaires et géomètre-expert examinant un plan de bornage en extérieur

 LE BORNAGE DANS LA LOI

Le bornage est prévu par le Code civil (article 646), qui permet à un propriétaire de demander le bornage avec son voisin lorsque les propriétés sont contiguës.

Par ailleurs, dans certains contextes de vente de terrain destiné à la construction, l’avant-contrat et/ou l’acte de vente doivent préciser si la description du terrain résulte ou non d’un bornage. Dans des hypothèses identifiées (notamment certains terrains issus d’opérations d’aménagement ou de divisions encadrées), un bornage peut être requis.

LE BORNAGE POUR GARANTIR VOS DROITS


Le bornage est particulièrement pertinent lorsque vous souhaitez : diviser votre propriété, créer/organiser une servitude, construire ou étendre un bâti à proximité d’une limite, prendre en compte des prospects/retraits, fiabiliser une contenance, ou tout simplement prévenir les conflits.

 Autrement dit : dès qu’un projet “touche” la limite, sécuriser la limite devient un acte de prudence.

LE BORNAGE AMIABLE


Qui peut demander le bornage ?

Par principe, l’initiative appartient au propriétaire. La jurisprudence admet, selon les situations, d’autres titulaires de droits sur le bien (par exemple usufruitier, nu-propriétaire, ou certains candidats à l’acquisition dans un cadre donné). Dans tous les cas, nous vérifions la situation avant de lancer la procédure.

Vous êtes convoqué en bornage ?

Si vous êtes propriétaire riverain, votre participation est importante. Vous serez invité à fournir votre titre de propriété et tout élément utile (anciens plans, procès-verbaux antérieurs, photos, conventions, correspondances, etc.).

Vous participez aux échanges avec les autres propriétaires concernés : cela permet d’éclairer le dossier et de rechercher une solution amiable.

La procédure et le rôle du Géomètre-Expert (en pratique)

• Le Géomètre-Expert est choisi par un propriétaire, ou par plusieurs s’ils s’entendent pour lui confier la mission.

• La mission est cadrée lors d’un entretien ; un devis est établi avant tout commencement.

• Les propriétaires concernés (ou leurs représentants) sont convoqués à une réunion contradictoire sur place, et invités à produire les documents en leur possession. Si une rencontre sur site est impossible, il faut néanmoins assurer une communication permettant au propriétaire absent d’avoir la même connaissance des faits et des pièces.

• Le Géomètre-Expert analyse les éléments permettant de définir les limites : titres, plans, documents décrivant directement ou indirectement la propriété, nature des lieux, indices matériels, marques de possession, témoignages, usages locaux, et éléments cadastraux (comme indices).

• Il hiérarchise ces éléments et propose la limite (ou les limites) la plus cohérente ; la limite devient définitive après accord des parties.

• Les limites sont ensuite matérialisées par des bornes ou autres repères (clou, repère gravé, marquage…), ou définies à partir de repères existants lorsqu’ils sont probants (ancienne borne, angle de mur, piquet de clôture, etc.).

• Un procès-verbal de bornage et/ou de reconnaissance de limites est dressé : identification des parties et des parcelles, origine des propriétés, déroulement des opérations, documents analysés, témoignages recueillis, description des limites retenues, nature des repères qui les matérialisent.

• Les pièces techniques et graphiques jointes sont essentielles : elles permettent de retrouver, contrôler ou rétablir la limite si des repères disparaissent ou sont déplacés.

• Le procès-verbal est un acte foncier : il “fait loi” entre les parties et devient opposable aux signataires et à leurs ayants droit (acquéreurs, héritiers…).

• L’accord peut être recueilli par signature manuscrite ou signature électronique, selon les modalités retenues.

Cas d’échec : le procès-verbal de carence

En cas de défaillance, d’absence, d’opposition, ou de désaccord persistant, le Géomètre-Expert dresse un procès-verbal de carence. Il vise les limites qui n’ont pas pu être définies à l’amiable et expose les motifs (ex. impossibilité d’identifier un véritable propriétaire, refus de participer, absence d’accord sur la position de la limite).

Ce procès-verbal constitue souvent un socle utile si une action judiciaire devient nécessaire.

Quand l’action en bornage n’est pas recevable (exemples fréquents)

• Propriétés non contiguës ;

• Limite déjà bornée ;

• Biens appartenant au même propriétaire ;

• Un des fonds relève de la domanialité publique ;

• Deux bâtiments contigus jouxtent la ligne séparative sur toute sa longueur ;

• Fonds séparés par une limite naturelle ;

• Cas particuliers (ex. en Alsace-Moselle dans certaines situations de “cadastre refait”).

Dans ces configurations, d’autres démarches peuvent être à privilégier (par exemple reconnaissance de limites ou procédure de délimitation selon le cas).

LE BORNAGE JUDICIAIRE


Si l’accord amiable est impossible, le tribunal judiciaire peut être saisi. Le juge fixe la limite et elle s’impose aux parties. Le tribunal peut, selon le dossier, désigner un expert. Cette voie est généralement plus longue et plus conflictuelle ; elle devient toutefois nécessaire lorsque le désaccord est total.

 LES EFFETS DU BORNAGE

DES LIMITES GARANTIES POUR L'AVENIR


 Lorsqu’un procès-verbal antérieur existe et permet de reconstituer la limite, il n’y a pas lieu de “rebornage” : on s’appuie sur l’existant. En cas de disparition des bornes ou repères, le Géomètre-Expert peut rétablir les limites conformément au procès-verbal, après avoir invité ou convoqué les propriétaires concernés, puis dresser un procès-verbal de rétablissement.

GARANTIE DE SUPERFICIE


La superficie ne peut être sérieusement fiabilisée qu’après définition du périmètre : tant que la limite est incertaine, la contenance est, au mieux, indicative. Une limite certaine permet une contenance calculée sur des bases solides.

OPPOSABILITE AUX TIERS


Même sans publication au service de la publicité foncière, le procès-verbal produit des effets entre les signataires et leurs ayants droit (acquéreurs, successeurs), ce qui sécurise les transmissions et limite les contestations ultérieures.

FRAIS DU BORNAGE


Qui paie ?

• En amiable, la répartition des frais est en pratique organisée entre les parties ; le procès-verbal peut rappeler la répartition retenue.

• Si un seul propriétaire mandate le Géomètre-Expert, il règle les honoraires, sauf accord différent entre parties.

• En judiciaire, le juge fixe la répartition des frais entre propriétaires en tenant compte des particularités du dossier.

Combien coûte un bornage ?

Le coût dépend de la complexité : mesures terrain, recherches de documents anciens, analyse des titres, mise en œuvre du contradictoire, rédaction et diffusion du procès-verbal, pièces graphiques et conservation. Si des investigations complémentaires deviennent nécessaires, un devis complémentaire peut être proposé selon l’évolution de la mission.

Important : les honoraires ne peuvent pas être conditionnés à l’obtention d’un accord amiable ; le travail réalisé (analyse, contradictoire, propositions, actes) existe indépendamment de la signature finale.

ENREGISTREMENT / PUBLICITE DU BORNAGE


Le procès-verbal de bornage est enregistré dans le portail GEOFONCIER de l’Ordre des géomètres-experts à des fins d’information, de conservation et d’archivage. Ce portail contribue à la traçabilité des opérations réalisées par les Géomètres-Experts et facilite la vérification de l’existence d’un bornage.

 GÉOMÈTRE-EXPERT : UNE PROFESSION LIBÉRALE RÉGLEMENTÉE

Le Géomètre-Expert a un devoir de conseil et une obligation de moyens. En bornage amiable, il n’a pas d’obligation de résultat : il ne “force” pas un accord. Il analyse, conseille et propose, en veillant au respect des droits légitimes de chacun.

La profession est organisée par la loi (notamment la loi du 7 mai 1946) : certains travaux relatifs à la définition des limites de propriété relèvent du champ d’intervention réservé aux Géomètres-Experts inscrits à l’Ordre.

Notre Cabinet ALTA VISION conserve les actes fonciers qu’il dresse, notamment les procès-verbaux de bornage, et contribue ainsi à la continuité et à la sécurité juridique des limites.


Questions / Réponses

Voici quelques questions fréquentes sur la procédure de bornage

Non. Le bornage fixe la limite telle qu’elle résulte de la situation juridique et des éléments probants. Si, après bornage, les voisins souhaitent modifier la limite, il s’agit d’un transfert de propriété : un acte authentique notarié et sa publication sont nécessaires.

Elle n’est vraiment fiabilisée que si elle découle d’un périmètre défini sur des limites certaines (bornage/délimitation). Sinon, elle reste souvent indicative.

Oui. Vous pouvez vous faire représenter par la personne de votre choix munie d’une procuration signée.

Non. Le bornage vise les propriétés privées contiguës. Pour le domaine public, il existe d’autres procédures de délimitation adaptées.

Oui, sous réserve de mettre en œuvre un procédé de signature électronique approprié.

Pas nécessairement. Si un procès-verbal exploitable existe, la limite peut souvent être rétablie conformément à ce document, après information/convocation des riverains.

Oui, car une clôture existante ne garantit pas que la limite réelle soit exactement à son droit : elle peut être en-deçà ou au-delà.